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Concession des Aéroports De Lyon : une mauvaise affaire et une faute stratégique

Communiqué du MoDem Rhône & Métropole de Lyon

Le Mouvement Démocrate du Rhône & de la Métropole de Lyon condamne la démarche et l’aboutissement de la vente des parts de l’Etat dans la société concessionnaire des « Aéroports de Lyon ».

L’État a choisi de vendre la totalité de ses parts dans la société de gestion des Aéroports De Lyon (ADL), pour 535 millions d’€uros. A grand renfort de communication le gouvernement et ses soutiens s’autocongratulent de cet aboutissement, et tentent de nous convaincre que cette négociation a été menée d’une main de maître, permettant une recette exceptionnelle, et qu’elle signera un nouveau départ pour les aéroports de Lyon. Mais de qui se moque-t-on ?

D’abord le principe : l’avenir des aéroports de Lyon, leur développement, sont d’intérêt stratégique pour nos territoires, et cet avenir passe par la concession. D’ailleurs, dans les conditions évoquées par les partenaires socialistes locaux du gouvernement, n’ont-ils pas évoqués la nécessité d’inclure certains projets de développement à court terme, considérant qu’il était nécessaire d’introduire des clauses qu’ils jugent d’intérêt général ? C’est l’aveu de l’utilité stratégique de cette concession. Or cet intérêt doit pouvoir se concevoir sur le long terme et s’adapter aux besoins de demain que nous ne pouvons tous énoncer aujourd’hui. Rappelons que la concession de l’aéroport est accordée jusqu’en 2047. Soit pour plus de 30 ans. Comme pour la concession des autoroutes ne nous faisons pas d’illusion : il ne sera pas possible de revenir sur ce choix si on venait à le découvrir insatisfaisant. Un acteur privé majoritaire ne saurait être le garant des stratégies d’intérêt général. Ce n’est pas son rôle et on ne peut l’en blâmer. Mais en conséquence, cette vente constitue une faute stratégique, pour ne pas dire historique, pour l’avenir de nos territoires.
Le MoDem du Rhône & de la Métropole de Lyon la désapprouve.

Le cahier des charges : demandant au concessionnaire un plan de déploiement à 20 millions de passagers / an, contre 8,5 à l’heure actuel, sans l’inscrire dans les contraintes de l’organisation du Ciel Unique Européen, et sans un programme de développement concerté et partagé par l’Etat et les collectivités, donc sans permettre au concessionnaire de se positionner avec sincérité, le cahier des charges de l’appel d’offres ne pouvait permettre une instruction sérieuses des offres qui en résulteraient. On le pressentait, l’opacité des prises de décision tend à le confirmer.

La méthode : le mépris affiché vis-à-vis des partenaires, actionnaires minoritaires, dans le processus de mise en vente et de choix du repreneur n’est pas satisfaisant. Il n’est pas surprenant que ceux qui ne sont pas tenus par ailleurs par un engagement auprès du gouvernement aient décidé de porter recours. On ignore si dans un contexte politique national différent les attitudes n’auraient pas été elles aussi différentes, voir inversées.

Enfin le prix : il y a un an, peut-être pas tant par sincérité que pour convaincre députés et partenaires de « laisser aller » la vente, le gouvernement nous annonçait qu’une telle vente rapporterait de 900 millions à un milliard d’€uros. Au vu de la différence – presque du simple au double – entre promesse et réalité, on n’oserait pas demander où la différence a bien pu passer

En guise de lot de consolation disons-le cependant, le choix final de repreneur n’était sans doute pas le plus mauvais. La présence notamment de la caisse des dépôts et consignations dans le consortium retenu pourrait permettre le maintien d’un acteur public permettant de faciliter le dialogue avec les collectivités et chambres consulaires. Une maigre consolation dans un dossier sombre.

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1 Commentaire

J’aimerai comprendre:

cette cession a été annoncée il y a plusieurs mois, et le Modem était silencieux. Maintenant que l’appel d’offre est terminé, le Modem se déclare contre: vous pensiez être agréablement surpris du résultat ? Pourquoi avoir attendu le fait accompli pour dénoncer cette opération ?

Par Amaury, le 30 juillet, 2016